- Veteran (Ryoo Seung-wan)
Polar coréen
(très) orienté action, électrisé par une mise en scène dynamique (ralentis
soulignant des bagarres pleine d’intensité, transitions
« clippesques » entre plans, hélas –comme souvent- abandonnées en cours de métrage), Veteran se pose un peu en contre-pied
rafraichissant des neo-polars (post 2000) sordides et torturés, en provenance
du pays du Matin Calme… dans 90% desquels en gros, tout le monde cane à la fin,
héros y compris ! [SPOILER ALERT OFF ;D /]
Le film suit
donc les aventures d’un jeune flic prometteur un peu chien fou, aux méthodes
plus orientées pieds/poings/barres de fer que mandat de perquisition –mais
toujours souriant, l’amour du métier c’est important– qui va se trouver très
affecté par le suicide d’un pauvre employé d’une grande compagnie de transports
avec lequel il s’était lié d’amitié lors d’une enquête sur son big boss. Ce
dernier étant un fils à papa aussi siphonné que blindé de thune et… grand
adepte de MMA (pas de chance, quand même!), qui ne serait pas blanc comme
neige dans cette affaire que ça ne serait pas étonnant… Mais naturellement, sa
hiérarchie s’opposera à son enquête sur ces bandits en col blanc et au bras
long.
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| Les bons |
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| Les mauvais |
L’intrigue est prenante, les personnages hauts en couleurs et
le réalisateur gère plutôt adroitement l’équilibre humour de situation / gravité
(pas étonnant, puisqu’il a prouvé être capable de jongler entre actionner avec The city of violence, comme le polar
orienté politique avec The Unjust… D’ailleurs,
Wikipedia m’apprend qu’il est le frère de l’acteur Ryoo Seung-bum (Sympathy for Mr. Vengeance ou encore Doomsday Book, chroniqué en ces pages) ;
je vous balance l’info comme ça, c’est cadeau), entre des scènes de bagarre à
la fois pêchues et amusantes –où règne à l’écran le fameux « bordel à la
coréenne » qu’on aime tant !– et une vraie dénonciation de la
corruption des hommes de pouvoir, qui se croient au-dessus des lois.
M2M
- Kryptonita (Nicanor Loreti)
L’histoire se
passe la nuit dans un hôpital argentin (éclairé façon planque à héroïne
moldave) où l’on suit les mésaventures d’un docteur de garde passablement au
bout du rouleau –une sorte de Robert Downey Jr sud américain, qui à aucun
moment ne se départira de son air hagard et ne fera que subir les évènements sans
réagir– dont la relative tranquillité va être troublée par l’arrivée d’un gang
haut en couleurs et fort en gueules, lourdement armés, venus faire retaper leur
leader, grièvement blessé par balle. Vu la discrétion de ces braves gens et les
cadavres semés derrière eux, les forces de l’ordre ne tardent pas à débouler et
assiéger l’hôpital. Or, il convient de préciser que chaque membre du gang est,
heu… une sorte de version pervertie (et cheap) d’un Super Héros de l’univers DC
Comics ! On a du Green Lantern, Flash, WonderTrans’ pardon, WonderWoman, Batman,
etc. … à vrai dire, je n’ai pas identifié les autres (la meuf au shotgun,
si c’est Harley Queen, et ben c’est raté) qui par ailleurs, ne semblent être là
que pour faire du remplissage. Le leader entre la vie et la mort n’étant nul
autre que le célèbre Superman (en version… hindoue?!), salement kryptonité. Diantre,
vous croyez qu’y a un rapport avec le titre ???
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| Le gang des Brasquasseurs |
Un concept de
base amusant qu’il ne faut probablement pas chercher à expliciter. Pas plus que
la raison pour laquelle le Joker (ou son avatar, donc) fait lui, partie des forces de l’Ordre ; sans doute pour aller jusqu’au bout de la logique
d’inversion des rôles.
J’en viens au
gros point noir de ce film, au postulat si décalé : c’est qu’il est
chiant. Ce qui est tout de même un comble… La faute en serait-elle imputable à
un budget riquiqui (on est d’accord que ça n’est pas une raison suffisante),
qui compense la rareté de ses séquences d’actions par d’interminables tunnels
de dialogues en champ/contre-champ, couplée à une intrigue poussive, tendance
soporifique. Par exemple, l’arrivée du Batman de service, aussi spectaculaire
qu’inconséquente, a dû à elle seule engloutir la moitié du budget, pour 10s à
l’écran.
De plus, les protagonistes
au final réellement antipathiques (alors qu’on est censé prendre fait et cause
pour leur combat : celui de sauver leur ami) et l’apathie du Dr Bulot (qui
bon sang, ne fera réellement RIEN de tout film) rendent très difficile
l’identification à qui que ce soit dans ce triste spectacle.
Un
rendez-vous raté avec une proposition de bon gros bis argentin, pourtant a
priori alléchante.
M2M
- Patchwork (Tyler MacIntyre)
Relecture
(très) moderne et (très très) libre du mythe de la créature de Frankenstein (en
l’occurrence, plutôt de celle de Frankenhooker !), cette sympathique
petite bande nous fait faire la connaissance de 3 demoiselles (la brune
psychorigide, la blonde croqueuse d’hommes et la rouquine mal dans sa peau, ce
qui tombe bien… vous me
suivez ?) à la vie sociale –et sentimentale– pour le moins
compliquée, s’étant respectivement trouvées au mauvais bar, la mauvaise soirée
et… réveillée (non, il n’y a pas de faute : pas de « s ») comme
une seule personne, par le truchement de quelques agrafes bien placées, un sale
goût de sérum dans les veines qu’un certain Dr Herbert West n’aurait pas renié.
La bonne idée du film est de ne pas trop s’étendre sur la
phase « pré-opération » mais de rentrer rapidement dans le vif
du sujet : la créature s’offre en effet à nous au bout de 5 minutes à
peine. Et quelle créature ! Interprétée avec conviction par la
méconnaissable Tory Stolper (l’ex brune psychorigide), cet agrégat de chair
englobe les personnalités de ses 3 infortunées occupantes, qui peuvent
–littéralement– communiquer entre-elles, les actions de la créature étant la
résultante de leur triple volonté… On vous laisse imaginer le tableau, en cas
de désaccord.
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| Ce soir je serai la plus belle pour aller choper (anglicisme) |
Nous suivrons
alors la quête vengeresse et maladroite de cette dernière, sur un mode plutôt
léger et réjouissant : celle de retrouver le responsable de leur sort et lui
faire payer pour ses expérimentations au prix fort, en remontant pour cela la
piste de tous les losers -et il y en a eu un paquet, flashbacks à l’appui-
ayant eu le malheur de croiser leurs routes (il faut bien un « s »,
cette fois) la veille au soir, quitte à faire un peu d’épuration à l’arme
contondante au passage.
Ajoutez à
cela un petit twist à mi-parcours qui relance agréablement l’intrigue et un
final Grand Guignolesque en diable, et vous la tenez, votre petite série B tout
à fait recommandable !
M2M
- Ghost Theater (Hideo Nakata)
Un bon vieux
film de J-Horror à l’ancienne, ça vous tente ?
Le genre
n’étant plus vraiment tout neuf, ni vraiment sur le devant de la scène depuis
un moment maintenant, on assiste ici à un retour aux affaires pures et dures
pour Hideo Nakata ; pas vraiment le premier venu en la matière puisqu’il
est celui qui a mis les films de spectres tremblotants aux longs cheveux sales en
orbite à l’aube des années 2000 avec la séminale trilogie Ring.
Histoire somme
toute archi-classique d’un objet hanté (en l’occurrence, une poupée grandeur
nature au visage relativement réaliste, donc relativement flippante) servant
d’accessoire de mise en scène théâtrale dans une relecture moderne du mythe d’Erzsébet Báthory, la comtesse hongroise
facétieuse, avec la tentative louable d’y injecter des éléments typiques de
giallo : non seulement par le cadre de l’histoire (les coulisses d’un grand
et élégant théâtre, aux atours baroques) mais également graphiques, via
l’emploi de cartons colorés (verts, rouges) employés comme décors, soulignant
certaines scènes d’angoisse…
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| Et ben, ça remplit plus les salles, les fantômes! |
Las, le manque flagrant de rythme vient qui plomber de nombreuses
scènes et l’absence de surprise au sein d’un scénario ultra prévisible
finissent par plonger le spectateur dans l’apathie. La majorité des meurtres se
déroulant hors-champ (une constante du genre) ne réjouira même pas les amateurs
d’horreur graphique, bien que l’idée de donner aux victimes un aspect cireux de
mannequin était intéressante… Quant à la boogeywoman
en question, si ses premières apparitions se limitent à quelques inserts de
pantin mécanique en mouvement plutôt efficaces, elle se mue au fil du métrage
en une « Sadako-like » bien humaine et fort convenue, ses victimes se
trouvant intégralement figées d’un air stupide en attendant leur mise à mort,
atomisant toute possibilité d’empathie envers elles.
Bref, à conseiller uniquement aux fans hardcore de J-Horror ou aux
profanes du genre.
M2M
- What we become (Bo Mikkelsen)
Petit zombie
flick sans prétention, en provenance de la patrie du Stimorol et des frangins flippants
Mads & Lars (aucun lien avec le réal, qui au passage signe là son premier
film), ce dernier prend le pari de renouveler le genre en…
Attendez :
non ! Ce film renouvelle que dalle.
Il narre une
infestation de Z. du point de vue local de quelques familles voisines d’un
petit pavillon, en mode parano et Breaking Niouzes « Sortez pas de chez
vous. Et mâchez danois. ». D’ailleurs, avant d’aller plus loin, on va
enclencher le compteur à passages obligés :
-
l’ado vaguement bellâtre en guise de héros, possédant
(mais alors vraiment) une seule expression à son arsenal d’acteur : check,- sa petite love interest, qu’il connait à peine mais devra secourir en dépit de tout bon sens parce que c’est beau l’amuuur : check,
- le personnage secondaire mordu qui mettra tout le film à muter en morve vivante là où il faut 30 secondes à un figurant normal : check,
- l’armée façon Umbrella Corp. qui déboule avec masques à gaz, bâche les maisons et répond pas aux questions pour se donner un genre : check, check, check !…
En résumé, on
tourne en rond entre le salon et la chambre à coucher, avec en plus de ça, une gestion
du temps complètement aux fraises...
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| Ceci est ce qu'on appelle un foutu spoiler, mais bon comme c'est sur l'affiche du film, apparemment on s’en tape !... |
Ça ne
s’énerve que dans le dernier quart d’heure, où quelques coups de feu sont tirés
(c’est pas non plus l’Apocalypse à l’écran et c’est plutôt timidement gore), ce
qui fait que malgré une durée d’1h20, ce film réussit à faire trouver le temps
long. Balèze.
Bref, à conseiller uniquement aux fans hardcore de Zombies ou aux
profanes du genre… cette phrase m’étant je ne sais pas pourquoi, curieusement
familière.
M2M
- Daemonium - Underworld Soldier (Pablo Parés)
Alors là,
attention : ce film est tout simplement FOU !
Dernier bébé
en date de Pablo Parés, véritable amoureux du cinoche déviant et orienté
système D en provenance d’Argentine, auteur d’une foultitude de courts puis de
longs généreux en gore depuis le début des années 90 (la saga Plagua Mutante,
c’est lui) : ce dernier avouait précisément qu’avec ses collaborateurs au
long court, le but était de tourner le plus possible, à tout prix.
Grand bien
lui en a fait car le résultat n’est certes pas du Sergueï Eisenstein (c’est
d’ailleurs pas le but), mais l’expérience parle clairement en matière de
plaisir filmique.
C’est bien
simple : jamais je n’ai eu autant l’impression d’être plongé dans un récit
de hard-fantasy/SF tout droit tiré des pages d’un Métal Hurlant !
L’histoire se
passe Dieu sait où (et quand), sur une sorte de planète Terre dévastée, à la
fois moderne et décadente, où s’affrontent en vrac Démons et autres Anges
déchus, mercenaires hi-tech versus cyborgs en mode écolières qui prennent des
poses, sorciers roublards, vieux barbouzes catcheurs et autres aliens belliqueux
en tout genre… !!!
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| Celui par qui la memerde arrive... |
Et autant
vous prévenir – car ça en a manifestement laissé plus d’un sur le
carreau : on est plongé brutalement dans l’histoire, sans la moindre
explication ni carton introductif, ce qui fait que si le spectacle est
immédiat, on rame un peu à raccrocher les wagons et saisir les enjeux en début
de métrage. Il s’agit d’un univers avec SES règles – c’est un peu à prendre ou
à laisser- qui prendront corps par la suite à mesure que ce dégagera la trame.
Par
exemple : en s’adressant à un Démon, mieux vaut éviter de croiser son regard
ou de répéter 2 fois le même mot dans la une phrase, sous peine de finir en
compote sanguinolente. Ou encore, un mage est finalement un simple humain, mais
s’il entre en possession d’un jeu de tarots complet, il acquiert la faculté de
se téléporter à volonté. Et il y en des ramées, comme ça.
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| Et dites vous que ces braves gens apparaissent environ 2 minutes à l'écran... & que c'est comme ça tout le long! |
Il convient
de s’abandonner à ce déferlement d’images folles, généreuses, jouissives, car
le spectacle est non-stop, regorge d’idées et vaut bien mieux que le concours
de cosplay filmé que laissait présager son inquiétante bande-annonce. En effet,
la direction artistique est énorme (et, la production value également car j’imagine qu’ils n’ont pas dû bénéficier du
quart du budget Budweiser du dernier Transformers), chaque costume claque et bénéficie d'un soin véritable,
certains extérieurs chient la classe et sont super bien utilisés (même
si l’on compte néanmoins beaucoup d’entrepôts désaffectés), les acteurs ont de
tous de vraies gueules et sont impliqués à l’écran et même les CGI sont
utilisés plutôt intelligemment (point trop n’en faut, pour éviter de verser
dans le cheap).
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| Double gun, double fun! |
Quant à l’histoire,
elle tient parfaitement la route, avec son récit de pacte Faustien, trahisons
et conflit entre humains et Anges renégats, ce qui fait que les 2 heures
passent comme une lettre à la poste.
Je me rends
compte que je suis dithyrambique sur ce film, mais j’ai réellement envie de le
défendre, eu égard au pied qu’il m’a fait prendre.
Daemonium est une putain de
Série B ambitieuse et réjouissante et le sieur Parés, un réal à suivre…
Un film
parfait pour le BIFFF.









Bin mon cochon, c'est pas si mal écrit finalement.
RépondreSupprimerLa frankenchick et les joyeusetés asiatiques ont l'air très intéressantes.
Je me demande toujours pourquoi, en dix ans, tu n'as JAMAIS posté une seule vidéo-analyse sur un de tes nanards préférés. La porte s'est refermée depuis, tout (et n'importe quoi) ayant été "riviouvé" depuis...Mais bon, heureux que "advienne que pourrave" ait existé.
Salutations