Retour sur une pépite méconnue du
Cinéma, recommandé par la rédaction de AdQuePour, à (re)découvrir
d’urgence !
Nous abordons aujourd’hui le film
Virgil, premier long-métrage de
Mabrouk El Mechri, sorti (dans une jolie indifférence) en 2005. Film atypique,
on pourrait le qualifier de comédie romantique emprunte de réalité sociale… sur
le thème de la boxe !
Virgil, petite frappe sans
lendemain, va toutes les semaines en prison rendre visite à son père. Ancien
passionné de boxe, ce dernier attend avec impatience les visites de son fils,
qui lui narre ses derniers succès sur le ring. En chemin, il croise régulièrement
la route de Margot -rendant elle-même visite à son propre père- et dont Virgil
va désespérément tenter d’attirer l’attention. Un jour, son père lui apprend
qu’il va bénéficier d’une remise de peine et va sous peu enfin pouvoir assister
en direct à un combat de son fils. Le problème est que Virgil a raccroché les
gants depuis maintenant 3 ans…
Le film, malgré ses moyens
limités (souvent astucieusement transcendés : le film bénéficie d’une
identité visuelle dont nombre de productions hexagonales plus aisées devraient
suivre l’exemple), respire l’amour du cinoche hexagonal à l’ancienne. Prenant le
genre du film de boxe pour toile de fond, il n’est absolument pas besoin d’en
être un connaisseur pour se laisser charmer par la véracité avec laquelle sont
retranscrits les entrainements, les conseils du coach, les victoires, les
défaites. On frôle par moments l’hommage aux films « à la Audiard »,
avec des répliques qui font mouche, voire même au Film Noir, lors du flash-back
introductif. Rien de passéiste toutefois, l’écart générationnel étant assumé
avec bienveillance ; voir quand de vieilles
reliques en remontrent avec humour à la jeune génération.
Le film traite par ailleurs sa
romance avec âpreté, loin des clichés de la « romcom », notamment par
le cadre de l’histoire : entre parloir miteux et kébab de quartier, fief
de son antihéros éponyme et ses acolytes, le tout verrouillé par du béton bien
crasseux.
Dans le rôle titre, Jalil Lespert
prête à merveille ses traits de grand dadais amoureux un peu gauche, face à une
Léa Drucker touchante, en girl next door
peu gâtée par la vie. Impossible également de ne pas mentionner les seconds
rôles croustillants, tels le regretté Jean-Pierre Cassel et Philippe Nahon, qui
s’en donnent à cœur joie en vieux briscards incarcérés, maniant avec bonheur une
gouaille d’un autre temps (enfin, surtout un des deux!).
Hélas, faute à une faible
couverture médiatique (pas de « star », sujet peu accrocheur, réal inconnu),
le film peina à trouver son public. Malgré cela, Mabrouk El Mechri parviendra à
monter 3 ans plus tard le déroutant JCVD,
avec l’(ancienne) gloire bruxelloise des films de frappe dans son propre
rôle ; film ayant ô combien divisé les spectateurs, tant son approche
prend le fan comme le profane de Mister « Muscles from Bruxelles » à
contre-pied (voir ce mémorable monologue où l’acteur, face caméra, se
livre comme jamais). Suivra un passage éclair et oubliable à Hollywood (où il a
dirigé un Bruce Willis au bout du rouleau, ainsi que le futur « Man of
steel » Henry Cavill dans Sans Issue),
il se tournera vers la télé, avec la série Maison
Close.
On attend la transformation de
cet essai et une consécration bien méritée.

Ah.
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