vendredi 29 novembre 2013

PIFFF 2013

Compte-rendu de la 3ème édition du Paris International Fantastic Film Festival, du 19 au 24 novembre 2013.

Les sorcières de Zugarramurdi (Las brujas de Zugarramurdi, a.k.a. Witching & Bitching) - Álex de la Iglesia

« I’m a bad director… »
C’est ainsi que se décrit en 3 mots le réalisateur ibérique, interviewé face à l’assemblée.
Or, ce message est probablement à double sens : on ne se permettra pas d’émettre de jugement sur la personne d’Alex de la Iglesia ; en revanche, le réalisateur, lui, prend visiblement son pied à assumer son statut d’auteur malpoli (terme que nous emploierons pour rester… poli) et de porter le vice et les antihéros au pinacle du divertissement, comme seul lui en a le savoir-faire. 

Véritable pilier de l’école de films de genre espagnole –mine de rien, son premier opus Acción Mutante date d’il y a 20 ans et le parcours ciné du bonhomme tient du quasi sans faute, avec un bon petit paquet de merveilles pelliculées balancées à un rythme métronomique- le voici de retour en grande forme et dans le même registre grandiloquent, quoique plus léger, que son œuvre somme Balada Triste de Trompeta.


Le film débute par le braquage haut en couleurs -mais néanmoins extrêmement tendu- d’un bureau de rachat d’or en plein Madrid (ces boutiques pullulant depuis l’arrivée de la Crise) par une troupe de faux artistes de rue peinturlurés : un Jésus, un soldat de plomb grandeur nature, Minnie Mouse et j’en passe, une scène surréaliste qui donne immédiatement le ton ! Mais le casse tourne au vinaigre, et le boss Jésus, flanqué d’un complice ainsi que de son propre rejeton de 9 ans (!!!) s’enfuit en prenant un taxi en otage afin de quitter la ville. Leur but sera dans les heures qui suivent d’aller se mettre au vert de l’autre côté des Pyrénées, en échappant aux flics ainsi qu’à son ex-femme, bien déterminée à remettre la main sur son fils ! Cela aurait été trop simple sans le détail suivant : lors d’une halte dans le village frontalier de Zugarramurdi, ils pénètreront dans une auberge tenue par une dynastie de sorcières, qui hélas pour eux, verront dans leur rencontre le signe de l’avènement d’une Prophétie annonçant le retour de leur déesse impie… ceci moyennant un petit sacrifice rituel au passage, bien entendu.

Les sorcières de Zugarramurdi est un grand cru du réalisateur ibérique.
Film Fou, il regorge de ses freaks bien-aimés (il faut voir la touche des sorcières, dont il « dyna-mythe » la représentation à l’écran, en leur servant des répliques d’un mauvais goût des plus réjouissants !) et ne ménage que de rares moments de répit pour le spectateur, balloté entre de nombreuses courses-poursuites frénétiques très cartoon live. Le tout culmine dans un final dantesque où s’entrechoquent les trajectoires des nombreux protagonistes, lors un Sabbat grandiloquent (terme pour le coup loin d’être galvaudé) ; De la Iglesia se permettant même tranquillement au passage de placer un message pro-Droit des Pères (il est, de son propre aveu, divorcé).

 

« Où est le Paradis ? En Enfer ! »
« Qui est Dieu ? Notre Mère ! »
« Qui sommes nous ? Des sorcières ! »

Si vous doutez de l’intérêt d’un film sur les sorcières à notre époque, ou si comme moi vous avez toujours rêvé de voir Bob l’Eponge se faire cribler de balles, ne ratez pas Les sorcières de Zugarramundi. Et si cela ne suffit pas, la divine Carolina Bang, dans un rôle hyper sexy, achèvera de vous ensorceler de son regard cristallin et son sourire ravageur.

We are definitely a bad audience!



The Battery – Jeremy Gardner
Lui, c’est Ben.
Jeune homme pragmatique à la barbe hirsute, aussi costaud que démerdard, il est interprété par Jeremy Gardner, également auteur et réal de ce post-apo au micro-budget (on parle de quelques milliers de dollars à peine).
Son compagnon d’infortune –à la base, ils ne faisaient que pratiquer le base-ball dans la même équipe- c’est Mickey. Lui est plutôt matérialiste et pleutre. Il préfère se voiler la face et ressasser un passé pourtant révolu en s’évadant, casque audio sur les oreilles, au péril de leur fragile sécurité à tous les deux. Il n’a encore jamais osé abattre un mort-vivant de ses propres mains.
Car de revenants clopinants et gémissants il est ici question.

Mais soyons clair : si vous voulez du bodycount, des SFX audacieux et du démastiquage de bouffeurs de cervelle fun et décomplexé, ce film n’est pas pour vous.
Les maquillages des zombies sont d’ailleurs réduits au strict minimum (et fait, il n’y en a pratiquement pas, hormis une peau blafarde) et on n’a droit qu’à de rares scènes d’attaques à proprement parler.

Cette balade dans un monde dévasté se fait à hauteur d’homme, au jour le jour. Nous suivons les errances de ces deux pauvres bougres à travers la Nouvelle Angleterre, à pieds dans d’épaisses forêts verdoyantes ou bien dans une vieille guimbarde trouvée au hasard d’un chemin.
Budget oblige.
Mais ce qui pourrait passer pour une limite filmique devient ici astucieusement ce qui fait la force de ce film : à suivre au travers de longs plans –parfois de véritables plans séquences- Ben & Mickey dans leur voyage sans but (sinon celui de ne pas mourir aujourd’hui), être témoin de leurs atermoiements au quotidien et points de vue sur le monde, partager leur détresse et leurs petites joies éphémères, rarement l’identification aura été aussi efficace, grâce à une écriture tout en finesse, qui frappe très juste (la fin est tout simplement déchirante) et une mise en scène discrète et intelligente, opposant les points de vue des protagonistes.

Cette épopée est tout de même rythmée avec quelques passages d’humour très noir inattendus –mais on reste très loin de Shaun of the dead dans l’esprit- et bénéficie d’une bande-son, judicieusement amenée, country/rock du plus bel effet.

Ce film soulève au final pas mal de questions pertinentes, rarement évoquées dans la multitude de post-apos zombiesques qui ont tendance à encombrer les bacs vidéo :
Comment réagir face à d’autres humains non infectés quand on n’en a pas croisé depuis des mois et qu’on est conscients que les denrées de première nécessité se font rares ?
Quand tout a disparu, est-il raisonnable de tomber amoureux d’une personne dont on n’a fait qu’entendre la voix par bribes au détour d’une fréquence de talkie-walkie ?
Que devient la libido quand on ne « pratique » plus, la faute à des circonstances exceptionnelles ? (ce qui donne lieu à une scène de pure comédie la plus improbable qui soit !)
… Que faire quand on est irrémédiablement coincé à deux dans une voiture immobilisée, cernée par des hordes de « Z word » ?



Du sang sur la neige - Julien Dunand & Gildas Houdebine
Docu français, se résumant à une succession d’extraits TV de l’INA (agencés par ordre chronologique) concernant feu le Festival international du Film Fantastique d’Avoriaz, s’étant tenu de 1973 à 1993, entrecoupés d’interviews et analyses de critiques cinoche tels que Nicolas Boukhrief, Gérard Lenne & Christophe Lemaire, Philippe Rouyer ou Jean-Baptiste Thoret, mais aussi le truculent Lionel Chouchan, créateur du festival en question et peu avare en anecdotes, sans langue de bois.
Pas révolutionnaire pour un sou dans le fond, ce témoignage reste précieux pour les amateurs du genre, car il se fait le témoin d’une époque révolue et du plus célèbre festoche de genre français, ayant existé à une époque qui constitue un véritable Age d’Or pour le Fantastique (De Palma, G. Miller, R. Fleischer, D. Cronenberg ou D. Lynch, ainsi que le jeune et inconnu S. Spielberg y ont fait leurs premières armes et ont été dûment récompensés).

On peut ainsi apprécier la mentalité de l’époque, définitivement révolue, et l’aura entourant le festival dès ses premières années : un véritable concentré de people (à vrai dire, seuls des journalistes et VIP avaient accès aux projections, réunis dans une unique petite salle) et des moyens financiers marketing démesurés (un « train de la Peur » spécialement affrété pour l’occasion au départ de Paris, avec décor et moult figurants costumés).

Mais outre certains passages improbables véritablement hallucinants valant à eux seuls le déplacement –les clips musicaux de France Gall (avec en guest, Udo Kier !!!) ou Plastic Bertrand, seuls vrais passages horrifiques du film ; Claude Chabrol (qui faisait alors partie du comité de sélection) jouant les contrôleurs de billets dans le train, mordu par le critique Jean-Louis Bory planqué dans un cercueil !-, la partie la plus intéressante restait probablement le Q&A avec les réalisateurs en fin de projection. On apprend qu’en effet, ce festival ne se résumait à la base qu’à une gigantesque vitrine publicitaire pour la toute jeune station de ski d’Avoriaz, dont ont dû, on l’imagine, bien profiter des membres des jurys peu concernés (voire parfois hostiles) par la question fantasticophile, invités principalement pour faire ce que l’on n’appelait pas encore le buzz… Ainsi, on s’interroge encore sur la présence de Michel Blanc, lui qui honnissait la violence d’un certain Terminator, ou encore Leslie Caron, poussant son coup de gueule –chez Drucker- devant le caractère « bestial » et « décadent » de Massacre à la tronçonneuse ! Le seul qui semble finalement le plus à sa place, et tente sans résultat de rester incognito dans la salle obscure, reste un certain Jean-Philippe Smet…

Las, les dernières années témoignent de la qualité en berne et de l’essoufflement d’un genre ayant poussivement passé le cap des années 90, auquel le festival n’aura pas survécu (avant de migrer à Gérardmer l’année suivante, avec un prestige bien moindre) ; lui qui aurait, de l’aveu de son propre créateur « dû s’arrêter avant ». Toujours plus facile à dire, avec le recul.



All cheerleaders die – Lucky McKee
Lucky McKee aime les filles. Il aime également les teens, comme il le prouve une fois de plus avec son dernier effort en date, qui rassemble nombre de ses « obsessions » : des chicks qui en ont dans la culotte, du lycée bien ricain et tous les clichés inhérents (la chef des pom-pom girls ultra populaire qui se tape le capitaine de l’équipe de football, dans un style très Parker Lewis à la sauce MTV, soit très Detention !) mais également bien sûr, du fantastique tout ce qu’il y a de plus pur. En l’occurrence, une histoire de sorcellerie 2.0.


En effet, sur un postulat de concours de popularité adolescent, virant à mi-métrage en guerre des sexes entre footballeurs et leurs copines cheerleaders, quatre de ces malheureuses dernières périront tragiquement dans un accident de voiture, avant d’être promptement ressuscitées par l’amie emo-goth-sorcière-gay (bonjour les clichetons) de l’une d’entre elles. Ainsi revenues d’entre les mortes comme si de rien n’était –à quelques croustillants détails près- elles vont s’apprêter à fomenter une vengeance bien méritée, s’attaquant aux point faible de leurs bourreaux plein d’hormones, entre deux incontrôlables fringales de sang dues à leur nouveau statut, bien sûr !

L’histoire est riche en personnages principaux et intrigues parallèles, qui s’enchainent tambour battant, aidées d’un humour un peu gras collant (…) au sujet et faisant souvent mouche (les cheer- zombies-vampires-bear-pig sont liées par un pouvoir magique commun qui leur fait partager leurs sensations ; ce qui donne lieu à une scène d’orgasme collectif apocalyptique !). Le tout se suit d’un œil amusé, avant de virer au slasher fantastique, faisant fi de toute velléité responsabilisante ancrant le film dans un univers crédible (personne ne s’inquiète de toutes ces victimes ?), lorsque l’ennemi le plus retors des filles s’avère être un psychopathe en puissance, surarmé physiquement par des années d’entrainements sportifs !
Tout de même pourra-t-on reprocher un manque flagrant de retenue dans l’usage des SFX, ayant tendance à amoindrir un peu plus une crédibilité globale déjà ténue.

Aussi con que foncièrement sympatoche : LE film qui aurait assurément mérité de porter le titre Bitching & Witching !



L’étrange couleur des larmes de ton corps – Hélène Cattet & Bruno Forzani
Du cuir. Qui craque au moindre mouvement…
Des lames de scalpel qui luisent et vibrent en fendant l’air.
Des femmes, fatales. Qui soupirent de plaisir.
Des cigarettes qui se consument et des verres d’alcool fort…
Des visages masculins burinés… et encore du cuir. Encore des lames.
… Le tout filmé en très gros plan sur un fond flou (ou l’inverse) afin de mieux apprécier les textures, sous de francs filtres colorés, voire en écran scindé façon kaléidoscope, les repères spatio-temporels volontairement brouillés, des scènes telles des leitmotivs se répétant jusqu’à l’enivrement.
Pour les amateurs du travail de Forzani et Cattet, on est en territoire connu. A des kilomètres.
Sauront-ils d’ailleurs un jour nous fourguer un autre type de came ?...
Le style –expérimental- est là, plus maîtrisé que jamais. Mais cela suffit-il ? A chacun, réceptif ou pas, de se faire son opinion.

On peut discuter passionnément de l’intrigue, un brin fumeuse, de ce nouveau giallo se déroulant intégralement au cœur d’un superbe et inquiétant immeuble Art-Nouveau, dans laquelle un homme cherche désespérément sa femme disparue, perdant lentement ses repères entre angoisse et spiritueux, sur fond d’assassinats en série liés aux résidents de l’immeuble.
On peut également prendre le parti de s’abandonner à la confusion, et éprouver cette expérience sensorielle totale, sensée nous faire réagir viscéralement.
Dans tous les cas, difficile de rester indifférent au pouvoir du film.

Une scène semble avoir mis tout le monde d’accord sur sa qualité plastique et formelle : une course-poursuite onirique (?) entre un tueur et sa proie, constituée d’images fixes enchainées créant un semblant d’animation, trichant sur la physique de l’environnement de manière superbe.
Une autre a également emporté l’adhésion, mais de manière inverse, pour son caractère exaspérant ET redondant : un homme, réveillé en sursaut par la sonnette de porte la plus insupportable de l’histoire du Cinéma. Effet sonore que le spectateur, du propre aveu du réalisateur, devait ressentir comme des aiguilles lui perçant les tympans ! (et encore, le projectionniste a eu la délicatesse de baisser volontairement le volume sonore dans la salle…)
N’y a-t-il pas des moyens plus subtils pour parvenir à ses fins concernant l’effet procuré que de recourir à de tels stratagèmes ?



Carrie – Kimberly Peirce
Ce remake, à peu près personne ne l’espérait, et encore moins de monde y croyait… & pourtant : ils ont réussi à faire bien pire que les maigres espérances placées dans le projet.
Soyons clair : ce film n’a aucun intérêt ; j’ai même envie de dire qu’il n’apporte absolument rien de simplement… bien.
Je développe ?
On peut déjà –une fois de plus- se poser la question de la légitimité d’un remake, en particulier d’un classique. Dans ce cas précis, ce Carrie 2013 ne partait fichtrement pas gagnant en passant (même presque 40 piges) après la puissance brute de la version de De Palma.

Des effets spéciaux –fatalement- un peu datés ?
Très franchement, je les préfère 100 fois à la surabondance de CGI dégueulasses dont nous afflige ce film et qui paraissent déjà d’un autre temps : tout sonne faux, même une bête trainée de sang (virtuelle, forcément…?!) le long d’une jambe.

Les interprétations ?
Nope. Sissy Spacek & Piper Laurie ont délivré en leur temps des interprétations mémorables et unanimement acclamées. Ici, la pourtant talentueuse Julianne Moore fait de la peine, grimée en sorcière, dans un rôle totalement unidimensionnel et énervant. Quant à la jeune Hit Gi… Chloe Grace Moretz, elle fait ce qu’elle peut pour camper ce personnage difficile, censé autant nous émouvoir que nous répugner, mais… C’est bête, mais son physique ne colle tout simplement pas au personnage de Carrie : il s’agit d’une monumentale erreur de casting (presque équivalente à celle de Rachel McAdams en fermière texane dans A la merveille). Du coup, la voir singer une attitude et une démarche limite mongoloïde pour illustrer le côté inadapté et introverti du personnage a quelque chose d’un peu pathétique.

L’histoire alors ?
Hormis une séquence pré-générique certes intrigante, absente de l’adaptation de 1976, l’histoire est strictement la même. En pas inspirée.
Le film enchaine les passages obligés du film de De Palma, bêtement, sans subtilité aucune. Les pouvoirs télékinésiques de la fillette nous sont amenés :
1°/ en la faisant systématiquement péter le moindre miroir/truc en verre se trouvant dans la pièce dans un premier temps,
2°/ parfaitement maîtrisés dès qu’elle aura lu 3 livres dessus à la bibliothèque, le plus naturellement du monde : voir la valse des objets, dont son propre lit… amoindrissant considérablement l’enjeu dramatique, toute impression d’étrangeté, de danger étant mise au placard (de toutes façons, le spectateur est depuis longtemps blasé de voir des ados dotés de super-pouvoirs, avec la saturation de teen movies et autres séries sur le sujet).

Moderniser le contexte ?
A la rigueur…
En effet, Carrie va sur Youtube. Les djeun’s ont des smartphones, avec lesquels les humiliations de la pauvre fillette sont filmées, et des comptes Facebook, sur lesquels la vidéo est diffusée publiquement.
Oui, on vit vraiment une époque de merde. Pas un scoop non plus…
Hormis cela, on garde l’inévitable institution du bal de fin d’année et le seau de sang, en fer blanc.

Absolument rien à sauver de ce naufrage, tellement dans l’air du temps (vite vu, aussitôt oublié). Même la scène de massacre final, qui aurait pu être sympa (espoir qui fut la seule raison pour laquelle je suis resté jusqu’au bout) manque totalement d’ampleur et est expédié en 5 minutes.
Et je ne vous parle même pas du plan final sur la tombe de Carrie [\ Fin du Spoiler… merde, j’ai oublié de mettre un Début !], con comme un balai.
A vomir.



Wolf Creek 2 - Greg McLean
Suite tardive (8 ans se sont écoulés depuis le premier opus) de cette petite claque venue d’Australie que fut le premier Wolf Creek, on retrouve Greg McLean aux commandes, le cratère donnant son nom au film et les plaines arides qui l’encerclent à perte de vue, ainsi que bien entendu, le truculent Mick Taylor, pur bouseux sadique au cerveau ravagé par une vie au sein d’un environnement hostile, adepte du fusil à lunette et du couteau à dépecer les crocos, auquel John Jarrat prête admirablement sa gouaille et son accent wallaby inimitable !
Le film offre sur une scène d’intro tendue comme un string, extrêmement sèche et efficace, avant de poursuivre sur une facture plus classique.
Le parti pris est ici de reprendre une formule bien rodée (de jeunes touristes transformé en chair à canon ; du « based on true events ») tout en la tordant un peu au passage (exit les espaces confinés, on évolue les ¾ du temps au grand air, hormis un climax un peu (trop) Saw sur les bords ; une multiplicité de protagonistes qui apporte de la fraîcheur au script, tout en permettant d’audacieux retournements de situation).


John Jarrat, souvent drôle, s’en donne à partir de là à cœur joie dans de nombreux monologues émaillant ses méfaits, lors desquels il expose gaillardement sa xénophobie –ce qui s’avère finalement, et c’est un peu dommage, être sa principale motivation- étoffant son personnage de ranger dérangé qui nous sera au final dépeint comme un pur boogeyman, dont l’antre n’a rien à envier à celle d’un putain de Jeepers Creeper !

Le film, qui a décidément gagné en moyens et en ampleur, n’hésite pas à citer Duel au détour d’une scène, quant il ne met pas en scène un massacre en règle au fusil de chasse au son du Beau Danube Bleu, que n’aurait pas renié Alex d’Orange Mécanique!...

Dans le petit monde très codifié du survival, Wolf Creek 2 s’avère être une valeur sûre, comme l’était après tout son ainé, très soignée dans la forme. Le film bénéficie d’une image cristalline hyper définie, de jour comme de nuit, à même de rendre honneur à la souffrance des protagonistes jusqu’au moindre grain de poussière mêlé de sueur et de sang, et d’un scope mettant en valeur les sublimes paysages de ce pays… qu’il vaut décidément mieux éviter !



(Merci à Sylvain Angiboust)

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