Le célèbre Manneken, sur son 31 pour l'occase.
Cette année, le Brussels International Fantastic Film
Festival a posé ses rames au Bozar (nom très belge du Palais des Beaux-Arts), à
deux pas du Parc Royal, qui fut pour l’occasion le point de départ d’une
ZomBIFFF Parade haute en couleurs dans les rues bruxelloises, comme vous pouvez
le constater.
Another perfectly ordinary day in Brussels...
Un remake belge de Warm Bodies?... Déjà?
Changement de lieu cette année, mais également léger glissement
dans la date (ce qui n’est pas une contrepèterie), du mardi 2 au samedi 13
avril pour la 31ème édition de ce grand festival européen.
J’eus une fois de plus le plaisir d’en faire partie, le
temps d’un court mais éreintant week-end, pour une sélection de pelloches d’un
ma foi fort beau gabarit.
Suivez le guide…
« I’m back ! »
Vanishing Waves
(Kristina Buožytė)
Lukas est un jeune scientifique chargé d’expérimenter une
machine très particulière qui permet de percevoir et d’explorer la psyché
d’une personne dans le coma (où règne une faible activité cérébrale, comme dans
le cerveau d’un spectateur du BIFFF en fin de Nuit Fantastique) - dans le cas
contraire, le flux d’informations concasserait l’utilisateur comme une vulgaire
olive. Une fois bardé de capteurs et plongé dans un caisson d’isolation
sensorielle, le voilà branché en direct sur le cerveau d’une infortunée cobaye
prénommée Aurora, afin de respecter l’anonymat dû au protocole de l’expérience.
Lukas sait simplement qu’il s’agit d’une femme. Du moins, il doit bien s’en
douter avec un nom pareil… C’est vrai, ils l’auraient appelé autrement, sinon.
Comme Auroro. Bref…
Au départ, floues et parasitées, les visions vont rapidement
se montrer d’une acuité inespérée pour laisser apparaître à Lukas l’image (et
les sensations) d’une belle et mystérieuse jeune femme, dont il va tomber
éperdument amoureux. Car bien que n’étant pas censé interagir avec elle, il ne
va pas rester longtemps simple spectateur, mais va céder à ses pulsions,
devenues obsédantes. Bientôt, il ne va plus se contenter de fausser ses
rapports d’observations protocolaires, mais ira jusqu’à franchir toutes les
barrières –y compris physiques- afin de faire la lumière sur les conditions qui
ont conduit Aurora à ce triste état...
Vanishing Waves est un film d’ambiance, de
ressenti, faisant la part belle à une esthétique étrange très travaillée. Austère
dans ce qui constitue le monde réel (le labo est froid et imposant, les visages
des scientifiques, marqués), elle est sublimée lors des balades mentales,
semblable à ce que pourrait être le ressenti de Lukas : lac et rivage embrumés
lors des premières escales, puis a contrario immense et lumineux lorsqu’il y
consomme son idylle, avant de virer à un désert crépusculaire sous une nuit
d’encre, lors de la fuite éperdue de sa bien-aimée, symbole de leur union à
tous les deux, qu’elle sait impossible (sinon à quel prix ?). Et toujours
cette étrange bâtisse blanche, mi-rectiligne et lumineuse, mi-déstructurée et
obscure, dont Lukas va se persuader qu’il est le théâtre d’un secret qu’il va
tenter de littéralement pénétrer, pensant ainsi « sauver » Aurora, au
péril de sa propre santé mentale.
Les visions astrales issues de la psyché d’Aurora, que
l’expérimente en même temps que le protagoniste, sont remarquablement mises en
scène. Esthétiques et charnelles (avec notamment une scène orgiaque flirtant
avec le final de Society de Brian
Yuzna), elles délivrent quelquefois ce goût particulier laissé par un rêve
érotique troublant. L’actrice Jurga Jutaitė se montre réellement envoutante (et
peu avare de ses charmes) et délivre une très belle performance.
Production belgo-lithuanienne, ce troisième film de Kristina
Buožytė (présente, ainsi que son actrice principale) ne démérite pas du succès
qu’il rencontre actuellement, à travers plusieurs festivals européens.
Zombie Fever (Kirill
Kemnits)
Dans le tumulte assez ahurissant de projets estampillés
Zombie dont nous sommes les spectateurs depuis environ une dizaine d’années
maintenant au cinéma ou en vidéo (et je ne parle même pas de JV, séries,
bouquins ou BDs), difficile pour le spectateur de trouver du neuf et du bon.
Sans attendre la petite perle qui renouvellera durablement
le genre –si toutefois elle arrive un jour- il convient d’exiger de chaque
nouvelle tentative un minimum d’originalité, d’idée ou concept inédit pour
espérer marquer les esprits (avant d’accoucher d’une tripotée d’ersatz peu inspirés…).
28 jours + tard a fait courir nos
amis zomblards (rebaptisés « infectés »), Shaun of the Dead a prouvé qu’ils pouvaient fort bien nous faire
poiler, REC les a found footagés…
Mais à ma connaissance, personne ne les avait encore… russifiés!
C’est bien de la belle et grande patrie d’ex-URSS que nous
parvient cet énième zombie flick ; provenance qui au final est bien sa
seule originalité.
Ca et le fait de recycler la petite Julia Volkova, ancienne
chanteuse du groupe t.ATu. Pour ce qu’on en a à foutre…
Jugez Pluto : nous suivons les mésaventures, d’Ivan,
jeune loser maladivement timide, flanqué de son meilleur pote, petit gros qui ne
pense qu’à ça et à se défoncer H-24.
Alors qu’ils s’incrustent à une beach party remplie d’alcool et de jolies
donzelles, tout va virer à l’apocalypse après qu’un scientifique laisse
échapper par accident le contenu d’une étrange fiole venue de l’espace qui va zombifier
la population, trouvant dans ces réjouissantes festivités un remarquable vivier
de chair humaine aromatisé à la vodka.
En gros, il est impossible que vous n’ayez jamais entendu un
pitch pareil…
Cette tentative du genre vouée à pas grand-chose, si ce
n’est à accoucher d’une pochade vue et re-re-re-vue, ne partait pas gagnante,
d’autant que le tout affiche une facture relativement hideuse au travers de sa
–catastrophique- bande-annonce.
(Un conseil : ne la visionnez pas, ça n’aide
franchement pas à convaincre!)
Or, miracle (enfin, n’exagérons rien…), à force de ne rien
en attendre, cette petite série B qui assume totalement (c’est-à-dire
lourdement) sont penchant gonzo se révèle plutôt sympathique, pour peu que vous
pardonniez un scénar constitué d’une montagne de clichés (je ne vais même pas
les citer tant il y en a) et l’on se surprend à rire comme des crétins devant
certains gags, tellement ils sont gros et appuyés.
Exemple : les zombis semblent attirés par la peur… Ni
une ni deux, nos infortunés survivants s’en vont expérimenter des cocktails
booze/coke afin de s’en prémunir. Question de survie.
Ah, et il y a aussi des zombis karatékas qui font de
multiples apparitions. Je ne sais plus trop pourquoi.
Je vous avais prévenu, il me semble...
Au final, si la bonne humeur ambiante n’a pas suffi à remporter
votre adhésion (et si vous êtes encore là), le final –tellement énhauuurme de
crétinerie et de gratuité- devrait vous achever.
Le plus gros reproche provenant d’une surabondance de CGI
vraiment pas beaux, en particulier lors d’une baston 1 versus all dans un couloir (Old
Boy style) emplie d’incrustes, ralentis et travelling virtuels foireux, ou
encore lors de l’acte final, pour lequel ce serait un euphémisme de dire que la
version crackée d’After Effects sur laquelle les créateurs semblent avoir mis
la main ne permet pas de rendre avec fidélité l’ambition dont ils ont fait
preuve… Je dirais même que se frotter vigoureusement la rétine au scotch-brite
vinaigré (côté vert) doit être un tantinet moins douloureux.
Dernière remarque : les zombies slaves sont peut-être moches
(les maquillages font très très cheap), mais leurs filles sont sacrément canons!
The Liability (Craig
Viveiros)
Polar angliche pur jus, emballé (et pesé) pour la modique
somme de ½ million de livres, The
Liability est l’exemple type du thriller âpre, réaliste et fichtrement retors.
Adam est ce que l’on peut qualifier d’archétype du jeune
branleur brit’ : longues journées affalé devant sa Xbox, sporadiquement
entrecoupées de petites arnaques perpétrées ici ou là grâce à la belle voiture
de beau papa… jusqu’à ce qu’elle finisse en miette à cause d’une bête faute de
créneau à 120 mph. Or, manque de bol, beau papa a la tête de Peter Mullan dans
ses mauvais jours, et ça, entre deux problèmes plus sérieux de trafic des
femmes venues de l’Est, c’est un peu la goutte d’eau qui reste en travers des
bornes. Il prend donc son plus beau club de golf pour faire passer le message
au fiston-à-sa-ma-man : soit tu t’endettes jusqu’à la retraite pour me
rembourser titine, soit tu assumes tes responsabilités et te mets à mon service
en faisant le chauffeur pour un de mes hommes, un taiseux avec marqué
« pro » sur le front, spécialiste du réglage de problèmes façon
définitif, comme va rapidement le réaliser Adam.
L’économie de moyens fait la part belle aux acteurs, très peu
nombreux au final, et à l’évolution de leurs relations, car tout dans ce film
fort bien nommé est une question de confiance et faux-semblants… Ainsi, les
péripéties s’enchainent implacablement sous une atmosphère pesante, à mesure
que les personnages s’empêtrent dans une spirale machiavélique d’appât du gain,
vengeance et trahison et que le fond de l’histoire se dévoile, chacun révélant
ses vraies motivations.
Le tout bénéficie d’un cast 5 étoiles : Tim Roth en
tueur à gages vieillissant et désabusé, Peter Mullan, impérial en vieux mafieux
intouchable sont accompagné de Jack O’Connell, jeune bad boy vu dans This is England, Eden Lake ou Harry Brown
(bref, dans tous les sales coups d’Outre-Manche de ces dernières années!) ou la
très mimi Talulah Riley.
Encore un film noir impeccablement troussé de nos perfides
amis d’Albion.
Mama (Andrés
Muschietti)
L’aventure Mama et
le BIFFF sont pour moi intimement liés.
C’est par un froid et brumeux (car belge…) samedi matin de Printemps
2009 que je pénétrai pour la première fois dans les imposants locaux de Tours
& Taxis, puis dans la salle de projection (à la bourre, bien sûr!) pour ma toute
première expérience BIFFFesque, en l’occurrence une séance de courts-métrages.
Des courts pas mal du tout dans l’ensemble (quelques coudées
au-dessus de la moyenne des courts-métrages fantastiques français. Je dis ça,
je dis rien…). Je me souviens en particulier d’un film hispanophone très court,
qui m’avait complètement scotché au fauteuil.
Il commençait par l’apparition du mot « Mama »,
tracé à la craie en une écriture enfantine. S’ensuivait un plan séquence où
deux gamines sortaient de leur chambre, puis partaient explorer une grande
bâtisse, avant de tomber sur une « maman » très particulière…
Un pur ride d’adrénaline, absolument terrifiant, d’une concision
et d’une efficacité qui font s’incruster l’expérience durablement dans le
cerveau.
Quelques années après, lorsque j’ai appris par hasard qu’un petit court métrage argentin avait tapé dans l’œil de ce bon vieux Guillermo Del Toro, qui comptait aider à en produire une adaptation pour le grand écran, j’ai rapidement compris duquel il s’agissait... et n’ai depuis pas cessé de me languir de voir le résultat ! GDT n’est en effet pas le moins avisé ni intègre des producteurs lorsqu’il s’agit de dénicher et prendre son sous aile des talents du fantastique en devenir.
Le court en question, avec intro en anglais de Del Toro
(Attention, cette version est incomplète : il manque l’épilogue!!!)
Dans quelles meilleures conditions, ô combien symboliques
pour moi, découvrir aujourd’hui ce film que sur les lieux même (à quelques
kilomètres près, toutefois) du méfait originel?
De plus, lors d’une Nuit Fantastique qui promettait d’être
survoltée!... (ce qu’elle fut).
Première constatation : on reconnait immédiatement la
patte de l’écurie Del Toro.
On est ici en territoire fantastique pur et sans complexe,
mélange d’ambiance classieuse et pesante efficacement posée, traversée
d’incursions surnaturelles peu timorées (la séquence pré-générique rappelle
dans sa construction celle de Don’t be
afraid of the dark). Quant aux termes abordés, un personnage reprend
presque telle quelle une digression sur les fantômes (« fantasma » en
espagnol) entendue dans l’Echine du
Diable.
Mama est un bon, voire un excellent film
de fantôme.
Les images sont superbes et la distribution, très solide (la
récente coqueluche d’Hollywood Jessica Chastain, dé-roussifiée et tatouée pour
l’occasion). La mise en scène, classe, regorge de jeux et faux-semblants jouant
adroitement avec les nerfs du spectateur, du moins, dans une certaine
mesure - j’y reviendrai.
Enfin, un amour certain envers leur créature transparait à
l’image de la part des frère et sœur Muschietti, tous deux scénaristes.
Cette « Mama », âme damnée hyper possessive est en effet une figure
horrifique déchirante et pathétique. Un grand soin a été apporté à sa création,
tant dans son design* et son animation torturée que dans les gimmicks accompagnant ses apparitions, très graphiques (ses
cheveux, flottants de manière sous-marine, ne sont-ils autres qu’un clin d’œil
à Santi de l’Echine du Diable? Et les
papillons de nuit, omniprésents, des créatures féériques si chères à l’univers
de Del Toro et qu'un personnage machouille paisiblement à un moment, comme le faisait le Pale Man de l'Echine du Diable?).
Le problème, car tout n’est pas rose (… noir ?), est que le film
ne tient pas un instant la comparaison avec son court modèle, du moins en
termes d’efficacité pure ; ce qui à mon sens était inévitable.
Si tous les éléments sont réunis pour un suspense horrifique de haute
volée, peu de péripéties viennent étoffer un récit finalement assez simple (ce
qui en soi, n’est pas un défaut). Le film enrichit le cadre dans lequel se
passe l’histoire : les deux fillettes, orphelines et revenues à l’état
sauvage après avoir passé 5 années en forêt, sont hébergées chez leur oncle et
sa copine. L’instinct maternel, jusque là inconnu, que va développer cette
dernière est également un thème important. Et bien sûr, l’origine de
« Mama » finit par nous être dévoilée au terme d’une intrigue
secondaire rapidement expédiée...
Passé cela, il faut avouer qu’une bonne partie du métrage ne se
concentre finalement que sur le quotidien de cette famille recomposée malgré
elle dans cette grande maison. L’incursion progressive d’éléments fantastiques,
au départ judicieusement distillés, finit par se répéter, voire à tendre vers
une accumulation de jump scares prévisibles et dispensables, par effet de
surenchère, au cours du long acte central du film.
Ce dernier culmine en une reprise quasi intégrale du court-métrage
originel, auquel est ajouté un intéressant contre-pied qui amusera le
spectateur avisé.
Enfin, le second élément le plus dommageable concerne le dénouement,
qui à n’en pas douter en décevra plus d’un. Même s’il reste émouvant et
tragique, l’entité maléfique donnant son titre au film méritant un dénouement
conséquent, ce dernier acte pèche
clairement par manque de sobriété en regard de ce qui a précédé et une surabondance
d’effets numériques quelque peu malvenue.
De petit court d’horreur surprenant d’efficacité, Mama aura muté en un film très recommandable, mais qui échoue de
peu à être une totale réussite, en raison des ajouts quelques peu artificiels imputables
au format long et, d’une certaine façon, à l’air du temps pour ce qui est de
l’horreur grand public.
Andrés Muschietti, bon joueur, se plie avec brio au classique exercice de :
"Une chan-son! Une chan-son! Une chan-son!..."
* C’est l’acteur Javier Botet, atteint du syndrome de Marfan qui lui
prête ses traits effroyablement filiformes, après avoir interprété la mémorable
Niña Medeiros dans REC.
Je vous présente... Mama. Si si.
John dies at the end
(Don Coscarelli)
Qu’ajouter à ce que j’ai déjà dit à propos de ce film de fou
furieux, déjà visionné à l’occasion du PIFFF, si ce n’est qu’il supporte très
bien une seconde vision? Le public lui-même, peu avare en commentaires
lorsqu’il s’agit de laisser s’exprimer sa connerie (no offense!), a paru
surpris de cette avalanche d’idées absurdes et délirantes, traitées avec la
plus grande déférence.
Chercher à expliquer les tenants et les aboutissants de ce
film serait définitivement une erreur.
Je ne peux que vous inviter à lire tout le bien que j’en
pense dans un EX-cellent papier visible ici!
Fresh Meat (Danny
Mulheron)
S’il fallait, fatalement, une ombre au tableau de cette très
belle sélection, ce serait sans hésitation Fresh
Meat…
Survendu comme LA nouvelle comédie gore néozélandaise (et on
sait tous à quel point les 2 vont d’habitude bien ensemble), il s’agit du
deuxième film de Danny Mulheron, un vieux briscard du genre qui a tout de même
écrit Meet the Feebles de papa
Jackson (Merde, quoi!) avant de se faire la main sur des séries TV par
dizaines.
Las, de cette goro-médie n’est au final ni vraiment drôle,
ni vraiment gore… Ce qui est quand même gênant, faut avouer.
Elle narre les péripéties d’une bande de gangsters survoltés
et plutôt pitoyables sur les bords : l’as de la gâchette nerveux, le
spécialiste en explosifs à côté de ses pompes et of course Gigi, la caution
minishort et gros calibres, alliés pour libérer le frangin Johnny lors d’un
transfert. Ceci fait, leur courte cavale trouve un terme dans une grande maison
de banlieue pavillonnaire, où est réunie une famille dont les goûts en matière
de cuisine s’avèreront un tantinet portés sur la viande humaine…
De cohérence dans le scénario il n’est ici nulle trace (chacun
des gangsters part sans raison s’enfermer avec un membre de la famille au lieu
de se concerter sur la suite des évènements ; la disparition d’un de leurs
camarades ne semble aucunement les affoler ; même alors qu’assez de cadavres
sont accumulés dans la chambre froide pour plusieurs années à venir, la famille
ira s’en prendre gratuitement au jeune voisin), pas plus que de finesse dans
l’interprétation des personnages (tous surjouent et Temuera Morrison, tronche
connue des îles maories, fait un peu pitié). Cela ne serait qu’un problème
mineur si l’on avait affaire à un bon petit zédard qui tâche, porté par un
humour qui fait mouche : ce n’est pas le cas.
Les gags sont (très) gras et tombent à plat, les péripéties
inconséquentes s’enchainent assez laborieusement, la direction artistique est
très peu inspirée (le tout est éclairé comme une sitcom lambda)… A vrai dire,
même l’aspect mauvais goût ou joyeusement graveleux de certaines scènes
(l’homosexualité de la fille de bonne famille) -qui n’a pas manqué de provoquer
l’engouement d’un public chauffé à blanc!- parait mal amené : il en est
montré soit trop, soit pas assez…
Vous avez sous les yeux un des plus gros gags du film. Comme je vous dis.
Enfin, même le dernier aspect qui aurait pu remonter un
semblant l’attention : le gore, se montre bien trop timoré. C’est à peine
si les rares démembrements et autres décapitations, pourtant correctement perpétrées,
sont montrés à l’écran. Ils paraissent tellement anecdotiques qu’ils en perdent
du coup tout impact.
Beaucoup de gesticulations pour vraiment peu de choses au
final dans cette comédie, qui malgré ses ingrédients, rate sa cible dans tous
les domaines.
Grabbers (Jon Wright)
La dernière séance de cette Nuit s’est effectuée sans moi. A
ma décharge, j’avais déjà vu Grabbers
à l’Etrange Festival Paris en septembre dernier ; à l’occasion de la… Nuit
« New British Generation »!
Voyons voir ce qu’il m’en reste… (dans les 2 cas, ce film
était programmé au petit matin. Pas l’idéal pour un
compte-rendu de qualité!)
Une petite île coupée du monde au large des côtes
irlandaises devient le cadre d’une invasion par d’étranges monstres
tentaculaires (pour tout dire, très lovecraftiens) venus de l’espace. Un flic
désabusé, porté sur la boutanche plus que les apports journaliers ne le
recommandent, va se retrouver rapidement débordé à tenter de sauver la petite
communauté insulaire (pour la plupart, fidèles compagnons de comptoir). Or, il
se trouve que ces créatures craignent un élément bien particulier. Un élément
absorbé en grandes quantités tous les soirs, dans le bar local…
Cette comédie, au pitch prétexte à un gros délire débridé mais
vain surprend agréablement par le soin apporté à sa réalisation, en particulier
la qualité de ses effets spéciaux numériques et le charisme et l’implication de
ses interprètes, menés par un Richard Coyle très convaincant dans le registre
de la casquette plombée.
Quant à l’aspect comédie, il n’est pas en reste, et la
succession de gags, en grande partie dus au décalage pochtrons
teigneux/invasion extraterrestre se laisse regarder avec plaisir. A ce titre,
le climax du film, où l’assaut est donné par les bestioles sur toute la
population rassemblée et en état d’ébriété non négligeable est un grand moment.
Définitivement une bonne surprise.
Hips!
Et un bon cru.
A l'année prochaine!
















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