Clic clic, BAOUM !!
A bout portant, bitch…
2nd film de Fred Cavayé, après le surprenamment bon (à savoir que le mot « surprenamment » n’existe pas selon Word, mais je l’emmerde) Pour elle, avec Vincent Lindon –parfait, comme souvent- et la subliiime Diane Kruger… ainsi que mon ami Olivier Marchal venu faire coucou le temps d’un savoureux caméo en vieux briscard de la cambriole transmettant son savoir au héros (…malgré sa présence, l’ensemble des personnages ne meurent pas à la fin ; comme quoi cet homme n’est pas maudit comme je l’ai cru à un moment).
Le film offre (enfin) un de ses premiers rôles principaux dramatiques au sous-employé et attachant Gilles Lellouche, dans le rôle du héros-malgré-lui lambda (ambulancier et futur papa d’une famille idéale, qui sourit à son aimée avec les yeux plissés et tout et tout) qui se voit embarqué malgré lui, donc –pour ceux qui suivent- dans une spirale de machination infernale de compte-à-rebours inéluctable, etc.
‘voyez le genre quoi.
Avec flics ripoux (même si je suis pas censé vous le dévoiler) et tout le tremblement.
Dur
Là, vous vous dites : « ce mec a vraiment un style d’écriture chiant à lire » ; ce n’est pas totalement faux.
Vous vous dîtes également « Ouais mais tout ça, je l’ai déjà vu 500 fois » et, décidément, vous êtes en forme aujourd’hui car vous n’avez également pas tort…
Oui mais : en France ?
Car si je vous dis qu’A bout portant, c’est une intrigue somme toute éprouvée mais ultra efficace, entièrement au service d’un film qui distille sans faiblir une tension palpable quasi-constante, menée tambour battant par un scénar proprement ficelé avec ce qu’il faut de rebondissements pour faire vivre des personnages crédibles pour lesquels on éprouve tour à tour de l’empathie sans jamais les perdre de vue, que le métrage possède un casting tip top, impliqué et ça se voit (mention spéciale à Gérard Lanvin, monstrueux en machine mutique à casser du voyou), des scènes d’action sèches, efficaces et carrées, lisibles et sans esbroufe, un climax multiple hallucinant dans un endroit où il fallait oser le shooter : un commissariat bondé en proie à l’anarchie la plus totale… et bien, ça fait déjà un paquet de bonnes raisons de lâcher ses 12,75€ symboliques pour un ticket en multiplexe (fuckin’ pop corn non compris).
Mais si EN PLUS, je flatte votre chauvinisme latent en prétendant haut et fort que cette réussite filmique est franco-française -oui Môssieur !- là, vous aurez plus de mal à me croire sur parole. C’est pourtant la vérité.
C’est grâce à de trop rares œuvres comme celle-là que nous n’avons plus à rougir de notre patrimoine cinématographique contemporain en matière de polar pur et dur.
Et ça fait combien de temps qu’on attendait ça ?...
Une intrigue simple et efficace, donc, traitée frontalement et sans fioritures (par soucis d’efficacité et d’épure, du propre aveu du réal… Qui a dit par manque de moyens ?) dans un cadre quotidien qui permet une identification immédiate du héros, sans empêcher un véritable tour de force filmique lors d’une poursuite mémorable dans les galeries du métro parisien (Ah, on m’informe à mon oreillette que certains parigots purs et durs reprocheront justement une prise de libertés quant à la géographie réelle des lieux… Hop ! Aux chiottes l’oreillette !).
S’il fallait chipoter, je dirais que certains seconds rôles auraient gagné à être un poil plus développés pour gagner en consistance, au-delà de leurs simples fonctions, sans pour autant s’éparpiller et perdre en limpidité dans un récit qui va droit au but, telle qu’en fut visiblement la note d’intention. Entendons-nous bien, je ne parle pas d’une fille cachée qui attend sa greffe de moelle épinière pour motiver tel ou tel bad guy et lui donner un semblant d’épaisseur psychologique –de toutes façons, c’est bien simple : TOUS sont crédibles- mais simplement gratter un peu pour comprendre par exemple pourquoi les méchants dans ce film sont-ils aussi… méchants ?
Après le monstrueux Nid de guêpes, les policiers crépusculaires et définitifs du père Marchal (dont la qualité décline hélas lentement au fil des opus, et ça me fait bien chier de dire ça, croyez moi), le brutal et âpre Le convoyeur, le politique Une affaire d’état, et en attendant, la bave aux lèvres La proie, voire -on croise les doigts- L’Assaut de Julien Leclercq (le mec qui sait tourner de superbes… bandes-annonces !) - j’espère ne pas avoir fait trop d’oublis impardonnables, A bout portant s’en vient grossir la liste des films de genre policiers français dont on n’a pas à rougir depuis 10 ans (voire plus), même s’ils se comptent encore sur les doigts de pieds d’un randonneur lépreux et, dans la plupart des cas, font figure d’anomalies systémiques (ou d’essais non transformés par leurs auteurs).
C’est dire pourquoi des films comme A bout portant sont précieux.
Alors en attendant un sursaut qualitatif dans le domaine définitivement établi en France…
Soutenons le cinoche de genre français qui en a !
Vive la France ! (ou pas)
ALLEZ VOIR ce putain de film ! J’insiste, allez le voir !... Et retournez-y !


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